Jaguar

Essai Jaguar XF Sportbrake : l'esthète anti SUV

Personnellement, je n\'en peux plus de cette mode des SUV. Trop grands, trop hauts et souvent trop lourds, ils sont comme une antithèse au véritable plaisir de conduire.

Heureusement, certains constructeurs ne lâchent pas leur berline et vont même plus loin en proposant l\'outil idéal pour les loisirs : le break. Pour preuve, la deuxième génération du Jaguar XF Sportbrake montre le bout de son museau sur les rives du Douro. Alors, venez avec moi découvrir ce nouvel « estate », fait pour les esthètes !

+ de photos Jaguar XF Sportbrake R Sport

Le coup de crayon !

Un break, c’est désormais comme « un art de vivre ». Pratique et fonctionnel pour les loisirs, élancé pour l’image et dynamique pour le comportement routier, il offre un compromis que ne peuvent offrir les SUV, car les lois de la nature sont immuables.

Et puis si un SUV doit montrer des muscles, le break peut se la jouer à l’ancienne et se transformer en engin fuselé. Pour preuve, ce nouveau XF Sportbrake est sculptural. De l’aveu de son styliste, Ian Callum, le « Sportbrake » est encore plus réussi que la berline.

Il est vrai que la face avant est agressive à souhait avec une calandre massive ; ses bouches d’aérations sont béantes et ses feux froncés comme un félin prêt à bondir sur sa proie. Mais c’est surtout le profil qui imprègne la rétine. Il est comme taillé pour fendre l’air. Le long capot moteur laisse remonter sa ligne sur un pare-brise penché, lui-même laissant sa place à un toit fuyant vers une malle large et élégante. D’ailleurs, ici, on ne peut nier le coup de crayon s’inspirant du F-Pace.

Le regard termine naturellement son parcours sur la poupe. Large, aux épaules marquées, elle tire au maximum ses traits pour laisser place aux deux magnifiques bandeaux lumineux pipés sur le coupé F-Type. C’est pour moi une vraie réussite, et cela rend ce popotin extrêmement désirable.

Essai du break Jaguar XF Sportbrake à Porto

Question volume ?

Comme je le disais en introduction, un break moderne se doit d’offrir assez d’espace pour les voyages au long court et être assez pratique pour encaisser le matériel de loisir de ses occupants. Un terme qui semble bien vulgaire pour une noble Jaguar… Pourtant, jamais une des sujettes de cette noble marque ne se sera montrée aussi conviviale au quotidien.

La soute à bagages s’offre une capacité de 565 litres et atteint même 1 700 litres une fois les sièges arrière repliés. D’ailleurs, la banquette est rabattable en 40:60, et forme un plancher rigoureusement plat, alors que son seuil de chargement est parfaitement plan. De jolies valeurs, mais qui ne classent pas cette aristo britannique parmi les meilleurs élèves du segment.

Mais où est le bois ?

Il y a peu encore, entrer dans une Jag, c’était comme pénétrer dans le château de Sir Edouard. Cela sentait le cuir, le bois et on pouvait discuter avec le fantôme des anciens locataires.

Aujourd’hui, cette ambiance qui sent la poussière est bien loin derrière. Si les fans crient au scandale, nous pouvons l’avouer, cette Sportbrake est bien dans son temps. Les écrans digitaux remplacent les commodos et compteurs vieillots. Celui qui trône au centre du tableau de bord contrôle le GPS, la sono, la connectivité avec les smartphones et est même capable de paramétrer le châssis dynamique de la belle.

Le plastique règne en maître dans l’habitacle. Cependant, les ajustements sont de très bonne facture et leur dessin valorisant. Je mettrais par contre un bémol sur la véritable imitation de carbone en plastique dur de la planche de bord.

Par contre, les cuirs bicolores des sièges sont très agréables à l’œil ainsi qu’au toucher. On n’atteint pas la perfection des produits aux anneaux, mais l’ensemble est cohérent.

Pour finir, son habitacle est littéralement baigné de lumière naturelle grâce à son toit panoramique de 1,60 m2. L’espace aux genoux et la garde au toit des passagers arrière sont largement suffisants pour mon mètre quatre-vingt.

interieur de la Jaguar XF Sportbrake

Un break qui…

L’offre de groupe motopropulseur est assez vaste pour trouver chaussure à son pied. En diesel, on commence par un 4 cylindres 2 litres de 163 chevaux qui, avec de multiples améliorations et changements de cartographie, passe à 180 et même 240 chevaux. Alors que l’ancienne génération n’était disponible qu’en diesel, ce deuxième opus s’offre le luxe de proposer un 4cylindres turbo essence de 250 chevaux pour 365 Nm de couple. Une offre qui n’a de raison d’être que pour calmer les écologistes vent debout contre le mazout… Je ne rentrerai pas dans la discussion, ce n’est pas le moment.

Moi, je me suis tourné vers le haut de gamme. Celui-ci est pour l’instant – en attendant une version S ou même R – tenu par un somptueux V6 turbo diesel de 3 litres. Avec ses 300 canassons et ses 700 Nm de couple, le Sportbrake change de dimension et devient une machine à avaler de la sportive. Le 0 à 100 km/h est expédié en 6,6 secondes, alors que sa vitesse de pointe sera bridée par l’électronique à 250 km/h.

… part à la chasse !

Tester cet engin sur les splendides routes portugaises, sinueuses et… rapides à souhait, est une partie de plaisir. Accélérations et freinages violents, virages serrés et détrempés, rien ne semble mettre la voiture en péril. Sa capacité à prendre les larges courbes des autoroutes du nord du Portugal est fantastique. Stable, elle gardera sa trajectoire sans rechigner, malgré la vitesse très élevée. Le tout en proposant un confort royal.

La XF Sportbrake a fait valoir le même savoir-faire que sa sœur la XF berline. À savoir, un amortissement surprenant. Ses suspensions pilotées isolent remarquablement les passagers des pavés et autres irrégularités.

Par contre, l’insonorisation et le rendu au volant sont quelconques. Mais la mélodie de ce V6 mazouté qui ronronne gentiment n’est pas désagréable. Attention cependant, car lorsque le pied droit se fait lourd, elle plaque ses occupants bien au fond de leur siège. En sachant raison garder, le V6 sait rester souple et disponible à bas régime. Et dans ce cas, il ne transforme plus cette Jag en fusée et fait chuter sa consommation de 12 à 8 litres de moyenne, ce qui reste très loin des 5,7 litres de la moyenne normée.

La boîte automatique à 8 rapports d’origine ZF, reste un atout majeur chez le constructeur. Elle s’occupe de tout, et si l’envie vous en prend, les palettes derrière le volant permettent de reprendre la main.

Test du nouveau break Jaguar, le XF Sportbrake

Fini les SUV, on veut des Estate !

Cette Jag break est surprenante et offre à coup sûr une alternative séduisante aux SUV qui pullulent de nos jours. Bien plus équilibrée et dynamique que ces autos hautes sur pattes, elle saura rendre le sourire à son pilote, et peut-être moins à ses passagers qui seront trimballés de gauche à droite, lors de la petite session « plaisir » du conducteur.

Le problème majeur est que cette aristocrate britannique fait payer ses prestations. Avec ce V6 diesel, Jaguar demande la bagatelle de 74 550 € en prix de base et il monte très rapidement avec le catalogue d’équipements. Certes, c’est dans la lignée de ses concurrentes teutonnes, mais c’est trop loin de ma bourse de journaleux.

Note : 15/20

Bien vu :
– Style original et sportif.
– Comportement vraiment sportif…
– … qui ne sacrifie pas trop au confort.
– V6 onctueux et performants.

À revoir :
- La consommation.
- Les tarifs élitistes.
- Direction parfois floue

Benoit Alves

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