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Essai Kia Sportage 2.0 CRDI: de nombreux atouts

Imagine-t-on un instant qu’en 1944 Kia n’était qu’un équipementier coréen à dimension locale, pour évoluer ensuite à grande vitesse en construisant en 1951 le premier vélo coréen, en 1957 le premier cyclo, en 1962 le premier camion et en sortant en 1974 la Kia Brisa, première automobile construite en Corée ? Depuis, l’ascension de ce petit Poucet ne s’est pas démentie et, pour ce qui nous concerne aujourd’hui, le SUV Kia Sportage compact lancé en 1992 et qui a terminé le Paris Dakar en 2000, nous arrive en 2014 pour sa troisième génération, ou plutôt pour son second restylage, comme on dit couramment. Que peut-on attendre d’un tel constructeur qui puise son énergie dans trois valeurs fondamentales : sécurité, dynamisme et fun ?

+ de photos Kia Sportage 2.0 CRDI

Un restylage limité

Sans aucun doute cette opération visant à modifier un véhicule qui tient le haut du pavé dans le  segment des SUV, devant le Toyota Rav 4 et le Ford Kuga, peut-elle être considérée comme à hauts risques. C’est pourquoi il faut scruter à la loupe ou presque les différences d’aspect et d’équipements entre l’ancien et le nouveau modèle du Kia Sportage.

Seuls, la grille de calandre en petits nids d’abeille, les feux arrière à diodes et l’antenne radio en aile de requin sur le toit permettent de distinguer extérieurement ce Kia Sportage modèle 2014. A l’intérieur, les changements s’opèrent surtout en fonction des niveaux d’option et pour notre part, avec un exemplaire du Kia Sportage de la Série limitée Révélation, nous étions bien lotis. La sellerie cuir/suédine, la climatisation bi-zone, le système audio Premium Infinity, l’écran tactile de 7 pouces pour la navigation avec des cartes Europ actualisées durant 7 ans et l’assistance au parking, sont autant de plus pour le confort et l’agrément. Au plan de l’utilisation même de l’auto, les jantes de 17 pouces et l’assistance modulable de la direction contribuent au plaisir de conduite que nous avons pu éprouver.

Au catalogue figurent trois moteurs diesel (115, 136 ou 184 chevaux) avec boîte de vitesses manuelle ou automatique et un moteur essence de 135 chevaux, en boîte manuelle uniquement.

La ligne extérieure, nous l’avons signalé, n’apporte pas grand changement et pourtant elle respire le dynamisme. Les surfaces très structurées, combinant astucieusement arêtes et galbes, inspirent la sympathie pour un modèle dont certains trouveront cependant qu’il affiche un arrière un peu trop massif. La ceinture de caisse assez haute, combinée à la monte pneumatique en 17 pouces, a tendance à renforcer cet aspect bien typé du SUV, qui en général plait bien.

 A l’intérieur, l’espace n’est pas compté et la planche de bord s’inscrit avec élégance dans un ensemble moderne, où les connexions de toutes sortes sont proposées et où les espaces de rangement sont légion. Il semblerait que l’on se soit inspiré de la rigueur germanique pour traiter les assemblages et, même si certains plastiques durs sont encore présents, l’ensemble intérieur coréen (mais fabriqué en Europe) se situe à un très bon niveau.

Avec ses 565 litres, le volume du coffre est appréciable, mais les sièges arrière une fois rabattus n’offrent pas un plancher intégralement plat.

Sous le plancher du coffre, des rangements sont prévus dans des alvéoles et l'on y trouvera le système de réparation et de gonflage en cas de crevaison, ceci en raison de l’absence de roue de secours.

L’essai

Trouver une bonne position de conduite ne pose aucune difficulté grâce aux réglages multiples possibles du siège et du volant. On note d’entrée de jeu une très mauvaise visibilité vers les trois quarts arrière ; heureusement que la caméra de recul diffuse d’excellentes images sur le grand écran de navigation.

L’angle mort  trois quarts avant gauche n’est pas particulièrement gênant. Nous avons décidé de tester le gros hanneton dans les divers usages possibles. Pour ce faire, Romain Iannetta, pilote et Gilles Vitry, notre photographe, ont collaboré activement à cet essai sur route, sur terre, sur piste, sur circuit,  jusqu’en Loir et Cher devant l’Auberge de l’école, ancien relais de poste à Pontlevoy.

 Nous disposons du moteur diesel de 136 chevaux, servi par une boîte mécanique à 6 rapports et bénéficiant des quatre roues motrices. A ce sujet, disons que le manuel d’utilisation apporte tellement de recommandations et de mises en garde quant à cette utilisation en 4x4 qu’on se demande parfois si le principe de précaution n’est pas en train de tuer tout ce qui n’est pas totalement normé. Toutefois, grâce au système « Torque On Demand », qui ne demande aux roues arrière de n’intervenir, grâce à un embrayage multidisques, qu’en cas de patinage des roues avant, la formule peut se montrer particulièrement intéressante.

Notre véhicule d’essai bénéficie des nombreux systèmes d’assistance électronique habituels (ESP déconnectable notamment) avec en plus, celui pour contrôler les descentes en pente sévère, et dispose d’une direction Flexsteer à assistance variable selon trois modes : Confort, Normal ou Sport. Le Confort est au rendez-vous dans les manœuvres de parking mais le mode Normal par défaut procure un  bon compromis entre précision et douceur. 

On aurait pu craindre d’avoir affaire à un véhicule pataud en raison de sa longueur augmentée par rapport au modèle antérieur, atteignant quand même 4,44 m pour une largeur de 1,86 m, mais il n’en est rien, avec facilité nous trouvons nos marques.

A voir ainsi le Sportage perché sur ses grandes roues, nous redoutions tous les trois d’avoir à subir un certain roulis de la caisse, en courbes ou plus encore en virages serrés. Nous constatons que sur cette plateforme commune au Kia Sportage et au Hyundai xi 35, les ingénieurs de Kia ont effectué un très gros travail combinatoire entre barre anti-roulis et amortisseurs, entre rigidité et souplesse des fixations, pour arriver à un comportement châssis tout à fait optimal. Ils sont parvenus à garantir un comportement fort sain de l'auto, qui encaisse et amortit bien les irrégularités de chaussée, tout en ne soumettant pas les passagers à des balancements intempestifs et incessants.

Voilà donc nos préventions balayées, ce qui nous permet maintenant de détailler un peu plus l’utilisation de ce  Kia Sportage.

Le moteur diesel d’une puissance de 136 chevaux représente la gamme intermédiaire en diesel. Il se montre à la fois peu bruyant, souple et agréable d’utilisation. Le turbo contribue à délivrer un bon couple dès les 2000 tours et le poids assez élevé de l’auto n'est pas handicapant si ce n’est au démarrage. En effet, avec quatre personnes à bord, il conviendra d’emballer quasiment le moteur si l’on veut partir assez vivement. 

La boîte mécanique à six rapports se révèle à la fois précise et agréable de maniement. Les six rapports bien étagés en bas, sont un peu longs sur la cinq et la six, comme s’ils voulaient faire oublier l’absence de dispositif Stop&Start lors du bilan de consommation, grâce aux économies réalisées en ayant recours à eux le plus souvent, comme nous y incite l’indicateur au tableau de bord.

Les freins étonnent par leur mordant, leur efficacité et leur endurance.

En conclusion

De fait, ce Kia Sportage nous a apporté bien des satisfactions en termes d’agrément de conduite et de confort. Nous déplorons toutefois une consommation un peu élevée (8,1 litres). Par ailleurs, il ne faut absolument pas se méprendre sur les capacités de franchissement ou de circulation sur mauvais chemins qu’offre ce SUV. La hauteur de caisse ne permet pas ce genre d'exercices mais la transmission intégrale telle que nous l’avons décrite, avec la possibilité de verrouiller le différentiel central jusqu’à 30 km/h, apportera tranquillité et sécurité tant pour se rendre à une partie de chasse, de pêche, à un pique-nique champêtre que pour affronter en toute sérénité quelques traîtrises hivernales. Il s’agit là d’un plus indéniable que nous aurions aimé pouvoir tester avec une boîte automatique. Certaines photos prouvent que les capacités du Sportage ne sont malgré tout pas négligeables.

Finalement, même si les modifications apportées par le restylage ne sautent pas aux yeux, le Kia Sportage 2014  présente de nombreux atouts.  Nous devons avouer avoir rendu avec quelques regrets au Service Presse de la marque ce véhicule spacieux et confortable, servi par une  finition intérieure de bon niveau, et valorisé par un look dynamique et des qualités routières parfaitement homogènes.

La gamme des Sportage  est proposée selon les motorisations et les niveaux de finition, entre 22 850 € et 37 150 €. Notre voiture d’essai figure au catalogue à 32 250 €. Il faudra ajouter lors de la délivrance de la carte grise, 900 euros pour le malus qui frappe ce modèle spécifique. Par contre, pour être objectifs, nous devons souligner la garantie de 7ans, que seul ce constructeur applique.

Crédit photographique: Gilles Vitry, La Revue Automobile

Note 16/20

BIEN VU

Style extérieur

Confort global

Rapport Prix/Equipement

 

A REVOIR

Consommation/Malus

Absence de plancher plat avec sièges rabattus

 

Fiche technique :

Moteur : 1995 cm3, 4 cylindres en ligne à injection directe à rampe commune haute pression (Common rail) turbocompresseur à géométrie variable (VGT) 16 soupapes

Puissance : 136 ch à 4 000 tr/mn

Couple : 320 Nm de 1 800 à 2 500 tr/mn 

Transmission : traction/intégrale

Boîte de vitesses : mécanique à 6 rapports

Direction : à crémaillère, avec assistance électrique variable (3 modes)

Suspension avant : indépendante, avec jambes de force type pseudo MacPherson, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs à gaz

Suspension arrière : indépendante, avec essieu multi-bras compact, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs à gaz

Longueur x largeur x hauteur : 4 440 mm x 1 855 mm x 1 630 mm

Coffre : 465 litres/1 353 litres (sièges rabattus)

Poids mini/maxi: 1 525/1 679 kg

Vitesse maxi : 181 km/h

0 à 100 km/h : 11,3 sec.

Consommation : urbaine / extra-urbaine / mixte : 6,8 l/ 5,1 l / 5,7 l/100 km

Emissions de CO2 : 149 g/km

Réservoir : 58 litres

Alain Monnot

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