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Essai Mercedes-AMG C 43 Estate : le 4MATIC et la tentation du Grand Nord

Cela fait déjà 30 années que la marque à l\'étoile nous propose sa transmission intégrale. De fait, Mercedes en est devenu l\'un des experts. Aujourd\'hui, la firme ne compte pas moins de 25 modèles et 122 versions différentes équipés de la technologie 4MATIC. Le département ultra-sport AMG est même devenu l\'un de ses plus gros utilisateurs.

+ de photos Mercedes AMG C43 Break

D’après ses concepteurs, « cette technologie a été conçue pour s’adapter aux conditions climatiques les plus difficiles ». Ne reculant devant aucun sacrifice et digne représentant du journalisme d’investigation – ne rigolez pas, merci – me voilà sur les terres gelées de Norvège avec le break Mercedes C 43 AMG.

Faisons connaissance…

C’est un beau matin d’hiver pluvieux et gris, bien coutumier à la capitale, que tout commence. Il me faut prendre notre très chère ligne du RER B direction aéroport Charles de Gaulle et son terminal 2F. Après avoir vagabondé plusieurs dizaines de minutes dans les méandres de la sécurité. Me voilà fin prêt pour les deux heures et demie de voyage dans un Airbus A320 de notre compagnie nationale Air France.

Le vol AF 1774 pose enfin ses roues sur le tarmac des terres des légendaires Vikings d’Oslo. Alors que j’empoigne mon sac à dos pour me diriger vers le parking où se trouve garé mon bolide, je tombe nez à nez avec un jeune Viking qui me semble familier... Il coiffe sa barbe, brosse ses cheveux, puis, d’un geste désinvolte, empoigne deux gros sacs d’une seule main. Je m’attarde sur son visage et il me dit :

« Bon, on y va ! Y a du taffe. »… Bigre… ce Viking n’est autre que notre géant et talentueux Étienne. Il est également de la partie. Sauf qu’il a pour mission de vous dévoiler les lignes de notre bolide avec ses photos.

Je dis bien « bolide », car sous ses airs de beau break bourgeois, se cache une teigne de 367 chevaux et 520 Nm de couple. La cavalerie vient d’un somptueux V6 de 3 litres dopé par deux turbos. Avec sa boîte automatique séquentielle à 9 rapports, elle expédie le 0 à 100 km/h en 4,7 secondes et sa vitesse de pointe pourrait passer allégrement les 250 km/h, mais l’électronique veille au grain. Tout comme le système 4MATIC ! 

La Mercedes MAG C 43 estate, dans la splendeur de la nuit du grand Nord

Le 4MATIC à la rescousse !

Les premiers tours de roue sont stupéfiants. La ville d’Oslo est recouverte d’un lourd manteau blanc. Heureusement, cette AMG est exclusivement associée à une transmission intégrale. Les premiers kilomètres nous font pénétrer dans une véritable tempête de neige. Le 4MATIC a fort à faire pour nous garder dans le droit chemin. D’autres véhicules garés sur la chaussée nous font vite comprendre que ce blizzard n’est pas vraiment habituel.

Ici, il est impossible de ne pas ressentir les effets de la technologie 4MATIC qui s’adapte automatiquement aux différents types de terrain et à l’état de la chaussée. Même si la belle est chaussée de pneus Hiver, la perte d’adhérence est fréquente. Et là, le 4MATIC augmente le couple sur les roues offrant une meilleure motricité. Il s’appuie sur différentes technologies telles que l’ABS (Antilock Braking System), le 4-ETS (contrôle électronique de motricité) et l’ESP (Electronic Stability Program) pour manager le comportement de chaque roue avec précision. C’est simple, j’avance sur un filet de gaz, sans geste brusque et laisse la machine faire. C’est simple, et vraiment efficace !

Après une bonne heure dans ces conditions extrêmes, le climat devient plus accueillant. Les rayons de soleil font enfin leur apparition. La neige fond et laisse émerger une route luisante. C’est du verglas. Avec une température de -17 °C, c’est bien normal, en même temps. Nous prenons notre mal en patience et continuons le chemin vers le nord.

Nous profitons de ces quelques dizaines de minutes pour nous attarder sur l’habitacle, soigné. Cuir, aluminium, véritable carbone en plastique sur la console centrale, écran GPS non tactile, molettes en tout genre, volant sport, sans oublier les surpiqûres et ceintures de sécurité rouge. Si cela n’atteint pas des sommets d’originalité et de joie de vivre, l’ensemble sent le luxe simple et le sérieux bien teuton. D’ailleurs, on y est plutôt bien assis (je ne peux cependant passer sur la pingrerie des sièges qui sont semi-électriques) et le confort des suspensions est de bon niveau malgré son caractère sportif. Mais je sais que, si l’envie m’en venait, je dispose de plusieurs modes de conduite. Cinq à vrai dire. Ils paramètrent l’amortissement, la réponse à l’accélérateur, la sonorité des échappements, l’ESP et la consistance de la direction.

Les Mercedes-AMG 4MATIC, sont typées propulsion avec un ratio de 31/69

Du caractère !

Les kilomètres s’enchaînent et la température gagne quelques degrés, pour se rapprocher du zéro. La route abandonne son manteau de glace pour un bitume bien charnu. Pas de temps à perdre, j’enclenche le mode « Sport + », et sors mon fouet pour dompter la sauvageonne.

Le V6 devient rapidement explosif, alors que le 4MATIC s’occupe de tout. Étienne dira même que « c’est un véritable pousse-au-crime, cette étoile ». Elle n’attend qu’une inflexion du pied droit pour débiter toute sa force, quel que soit le régime moteur ou le rapport de boîte.

La direction directe commande un solide train avant, alors que le train arrière, qui encaisse en permanence 69 % de la puissance, ne remue que si le pied droit s’alourdit prétentieusement ! Mais lorsque le survirage pointe le bout de son nez, le 4MATIC freinera, en moins de temps qu’il faut pour l’écrire, les roues en perte d’adhérence. Un simple contre-braquage suffit à remettre le tout dans sa ligne. D’ailleurs, Mercedes propose un ESP à trois modes : ON, SPORT et OFF. Par contre, n’en faites toutefois pas trop et gardez à l’esprit que la chose débite 367 chevaux, car sinon, c’est tout droit dans un mur de neige. Et croyez-moi, je sais de quoi je parle !

Toute bonne chose à une fin…

Deux jours auront passé. Si certains se passionnent pour le doux ronronnement du V6 et un châssis taillé au poil, il faut que je l’admette… ce break sportif est une belle réussite de stabilité. Le système de traction intégrale maison, le 4MATIC, est d’une grande efficacité. Bien sûr, dans ma version AMG, les ingénieurs ont gardé le typage propulsion. Mais le plus bluffant, c’est la sérénité de l’auto dans les conditions extrêmes de ce voyage en terre viking.

Si le 4MATIC est bien de série sur ce modèle, l’acheteur doit se demander si l’investissement dans un tel système n’est pas un plus pour sa vie de tous les jours. Une option pas inutile pour se prévenir au mieux de mère Nature.

Note : 15/20

Bien vu :
- Le système 4MATIC est imperceptible
- Elle garde un tempérament propulsion
- La mélodie du V6 biturbo
- La sécurité du système

À revoir :
- Un « pousse-au-crime »
- Le tarif toujours en correspondance à la gamme étoilée !

©Photos : Etienne Rovillé

Gentleman Racer

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