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Essai Seat Ateca FR : le rallye des 1000 flaques

Le Seat Ateca, bien équipé de sa transmission 4Drive, n’a pas à rougir face à la poudreuse et autres murs de neige piégeurs. Si le SUV n’est pas étudié pour une conduite musclée, nous avons bouclé notre tournée des quatre saisons en 4Drive en Finlande, toujours, dans la région des 1 000 lacs et des spéciales poussiéreuses du rallye éponyme.

+ de photos Seat Ateca FR TSI 2017

Le choix de l’essence
Tandis que des températures caniculaires frappent l’Hexagone, je flirte, ici, avec un mercure printanier. La quinzaine de degrés affichée en plein soleil signe la haute saison dans cette région située à mi-chemin entre la capitale finlandaise et le cercle polaire. Coup de chance, j’arrive après un déluge automnal, qui a laissé des signatures hydrauliques sur les pistes défoncées du coin.

Pour cette escapade de près de 800 km, je prends le volant du Seat Ateca dans sa toute nouvelle version FR. Une ligne de finition supplémentaire qui fait le lien avec le SUV conventionnel et la future Cupra. Plus sportif dans sa présentation (c’est relativement subtil), l’Ateca FR inaugure aussi le 2,0 litres TSI de 190 ch. Naturellement, c’est l’énergie que j’ai choisie. Plus sportif dans l’âme, le moteur TSI devrait ravir les nombreuses familles qui chérissent les compte-tours capables de grimper au-delà des 5 000 tr/min. Et ils sont plusieurs dans ce cas, la firme espagnole attestant que plus des 50 % des Seat Ateca vendus le sont en configuration TSI (nous parlons ici des moteurs 1,0 litre 115 ch et 1,4 litre 150).

Entre les arbres, les lacs et les flaques
Le Seat Ateca FR n’est pas une ballerine et la masse n’est pas vraiment idéale pour aller soulever la poussière entre les arbres. En revanche, la sensation de légèreté procurée, un sentiment inhérent à toutes les mécaniques essence, cache quelque peu les 1 536 kg. Le SUV espagnol est équipé de la transmission intégrale 4Drive efficace et de la suspension pilotée DCC optionnelle. Un tandem qui canalise efficacement les mouvements de caisse. Agréable sur les modes de fonctionnements normaux, la suspension se montre plus cassante en configuration Cupra. Un mode qui, logiquement, est à éviter sur les pistes de terre. Quel que soit le revêtement, le train avant ne se montre pas paresseux et la direction est délivrée du pesant moteur à huile lourde.

Le SUV n’a que faire des chemins de traverse, qui tracent, à travers les arbres plus tout à fait verts, un bandeau de terre qui semble avoir été taillé au laser. La transmission intégrale de type Haldex est ici à son aise, surtout avec le mode Off-Road qui apporte une gestion des 320 Nm de couple adaptée aux terrains glissants. Les plus forcenés pourront aussi s’amuser avec le train arrière du SUV, en s’autorisant quelques glisses, mais malgré son badge à connotation sportive et un ESP déconnecté, le SUV reprend le dessus en pinçant les disques des roues en déperdition, avec une électronique toujours en veille.

Aventurier, mais en dernier recours
La précision du train avant, toute relative, permet de se jouer des nombreux et fracassants nids de poule, bien dissimulés par des flaques boueuses. Mais il est bien difficile de savoir où se trouvent les jantes avant spécifiques de 19 pouces. L’absence d’information remontant dans la colonne de direction et la visibilité entachée par un capot cubique ne me permet pas vraiment d’éviter les pièges. La punition pour un exercice aussi stupide que jouissif (des spéciales de rallye en SUV, c’est une blague ?). Les roues tapent fort, mettant en difficulté l’amortissement et, ce n’est que cosmétique, siphonnent les restes du liquide céleste pour le déposer sur la livrée Orange Samoa optionnelle (605 euros).

L’Ateca FR n’a pas pour vocation première de grimper aux arbres. En revanche, il peut facilement s’aventurer entre ces derniers à basse vitesse. Sa garde au sol lui permet de passer facilement au-dessus de certains obstacles naturels et le Hill Descent Assist s’avère très utile lors des descentes forestières. Le kit carrosserie du Seat Ateca FR n’a aucune incidence sur ses capacités. Les boucliers peints lui permettent toujours de passer sur des ondulations plus prononcées, comme je l’ai vérifié, quitte à sérieusement camoufler le SUV sous un manteau de boue. Dans ces conditions, une motorisation diesel serait toutefois préférable avec son couple de 400 Nm, plus généreux et disponible plus bas dans les tours.

Plus à l’aise sur le bitume
Après ces différentes virées, le retour sur le bitume est agréable. D’une part par l’effet de contraste et d’autre part par la qualité du revêtement finlandais, que le SUV survole. Si les jantes de 19 pouces dégradent à peine le confort, la suspension livre le meilleur. Le confort à bord est équivalent aux standards germaniques du groupe Volkswagen, les montées en régime du moteur sont bien filtrées et le toucher de route est doux, à défaut de délivrer du ressenti. En Finlande, la direction a aussi le pouvoir de faire défiler les horizons un à un, comme si l’on contemplait une galerie d’images sur une tablette tactile. Une impulsion à droite ou à gauche, et c’est un nouveau panorama qui s’offre à nous. Ils ne sont pas vraiment spectaculaires, mais d’une beauté suffisamment saisissante pour nous obliger à faire une photo devant chaque lac rencontré.

En revanche, l’écran, qui permet de s’étonner de la surface occupée par l’eau dans cette région, n’est pas aussi réactif qu’espéré avec sa commande tactile. Le reste de l’habitacle n’évolue pas et conserve toutes ses qualités, éprouvées par nos soins dans les rues de Barcelone, sur les pistes de la Réunion, sur les routes enneigées de Laponie et ici, sur les traces du rallye des 1 000 Lacs. Le Seat Ateca FR se dote en particulier de seuils de porte et d’un volant badgé FR, d’une sellerie à surpiqûres rouges et d’une dotation complète, dont la caméra à 360°. Le toit ouvrant panoramique, disponible en option a 1 100 euros, n’est pas totalement inutile et permet et de contempler la cime des arbres de ces régions boisées et de faire entrer la lumière dans cet intérieur austère mais à la finition sérieuse. Finalement, on regrette simplement que le Seat Sound System, fourni de série, grève le coffre, pour tomber à 400 litres.

Un peu plus de dynamisme avec l’Ateca FR
La configuration FR ne fait qu’améliorer les qualités dynamiques du Seat Ateca, sans pour autant dégrader son niveau de confort. Sur un terrain aussi exigeant qu’en Finlande, où d’innombrables nids de poule attendent les pneus à taille basse, les jantes optionnelles de 19 pouces sont à éviter au moment de cocher les options. Si le gros diesel se montre plus disponible, le bloc 2,0 litres TFSI de 190 ch ne manque pas d’arguments. Il se montre tout aussi volontaire dans la très grande majorité des situations et offre un meilleur feeling de conduite.

Affiché à partir de 35 120 euros dans cette configuration, avec la transmission 4Drive à boîte DSG7, le Seat Ateca FR 2,0 litres TFSI est aussi plus intéressant financièrement que son homologue fonctionnant à l’huile lourde (à partir de 38 025). Et ce, même en prenant en compte le malus de 2 610 euros qui impactent la motorisation essence, alors que le bloc diesel n’écope que de 210 euros de pénalité écologique.

Note : 4/5

Bien vu :
Équipement de cette version
Transmission 4Drive alerte
Style plus attrayant

À revoir :
 Écran tactile parfois récalcitrant
Jantes de 19 pouces sacrifiant le confort
Volume du coffre en baisse

Soufyane Benhammouda

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