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Essai Mercedes Classe B : conversations avec ma Benz

Il est difficile de décrire cette sensation, lorsque j'ai approché la nouvelle Mercedes Benz Classe B. J'avoue qu'à peine sorti de l'aéroport, valises en main, mon premier réflexe n'a pas été de la déverrouiller, mais d'aller au niveau du coffre et de balayer d'un mouvement de pied le dessous de la malle.
Le temps de quelques secondes, je me suis posé la question, et j'ai regardé mon photographe Julien, d'un air moins rassuré. Puis soudain, à la façon de Fort Boyard?: «?Felindra, tête de tigre…?». Miracle, le coffre s'est ouvert?!

+ de photos Mercedes Classe B 2019

Aussitôt, nous rangeons nos deux valises, le coffre se retrouve déjà bien occupé. Je me saisis de la clé, en forme de Classe B, que je ne sais pas ranger, vu qu’il n’y a pas de rangement prévu pour… alors je la jette dans le dépose-gobelet. Je pose l’iPhone X à l’avant et, autre miracle… il se charge par induction. Pour une fois que cela fonctionne, ça méritait d’être souligné.

Tout un univers Mercedes

Le démarrage de la Classe B se fait grâce à une pression sur le bouton Start Engine, hélas en plastique…
La voiture se réveille, les feux avant commencent à scintiller dans tous les sens à la façon d’une rampe gyrophare. Je décide de sortir et admirer le spectacle de stroboscopes. Et après redémarrage, je n’hallucinais pas, il y a bel et bien une fanfare lumineuse où le faisceau vient ajuster l’éclairage. Ah, tant de technologie !

Premier réflexe à bord, je décide de vérifier le système de commande vocale :
— Hé Mercedes ?!
— Que puis-je faire pour vous ?
— Bonjour, je m’appelle Daniel !
— Enchantée, me lance la voix féminine de l’auto !

Quelle surprise, elle est presque polie ! Oui, elle aurait pu dire bonjour, d’abord. Je continue aussitôt :
— Comment t’appelles-tu ?
— Mercedes, bien évidemment !

Quelle taquine ! Et l’on roule ainsi nos premiers kilomètres ensemble. Puis je me mets à chercher à ajuster la position du siège, je passe la main sur les côtés, devant… rien ! Ah oui, décidément, il faut s’y faire avec les réglages sièges sur le côté.

Mon photographe a l’air bien tendu alors je lance :
— Hé Mercedes !?
— Que puis-je faire pour vous ?
— Fais un massage à Julien en siège passager stp
— J’active le massage du siège passager

Julien a l’air de se délecter, mais il semble dommage de ne pas profiter de l’air frais de l’Espagne alors je me prends au jeu de la commande vocale, et tout en conduisant :
— Hé Mercedes ?!
— Que puis-je faire pour vous ?
— Peux-tu ouvrir le toit de la voiture ?
— J’active l’ouverture du volet de toit
— non… hé Mercedes, ouvre le toit.

Visiblement, ses limites se trouvent au toit !

Voyant que le système a l’air de bien fonctionner je décide de tester les limites de l’auto :
— Hé Mercedes ?!
— Que puis-je faire pour vous ?
— Quel temps fait-il à Paris ?
— À Paris, il fait un temps glacial de 1 degré !

« Temps glacial… » quel beau vocabulaire pour une tête de linotte, pensai-je.

Puis, sans me rendre compte que je poursuis mon dialogue avec Mercedes, je relance :
— Hé Mercedes ?!
— Que puis-je faire pour vous ?
— Joue de la musique.
— Quel artiste ?
— Madonna
— Je n’ai pas compris…

Et c’est le début du cauchemar. Car la voiture se mure dans le silence et vous devez la relancer. Après des essais dignes d’un linguiste en laboratoire universitaire, en français, en anglais et en allemand. Je comprends enfin le fonctionnement de la commande vocale Linguatronic. Car Mercedes est une femme moderne ! Elle n’a pas le temps de faire la conversation. Toujours occupée à nous écouter, jamais débordée, il faut que l’ordre soit clair net et précis. Ainsi, il suffit de l’interpeller « Hé Mercedes ! » et lui demander directement « joue la musique Madonna Borderline » et après quelques instants de recherche via la section « Online music » reliée à l’application de musique Tidal, financée par les couples Jay-Z et Beyoncé, la chanson Borderline démarre, c’est magique !

Attention toutefois à ne pas trop lui en demander. Et pour cause, Mercedes ne saura pas trouver d’elle-même « Vendredi sur mer », « NTM » ou « 50 cent ».

Même si le système Linguatronic n’en est encore qu’à ses balbutiements, on peut se poser la question de sa réelle utilité. Car la plupart des actions effectuées via la commande vocale sont faisables via le TouchPad, à condition de bien connaître l’ensemble des menus et des sous-menus. Autant vous dire que pendant la conduite ce n’est pas du tout recommandé…

Il est toutefois surprenant d’avoir foison de boutons sur le volant, dont une molette pour régler le volume, une dédiée au téléphone, mais aucune pour passer à la chanson suivante. Imaginez donc, en pleine route, pour changer de chanson, sans quitter l’affichage central de la carte du guidage GPS, vous devrez encore une énième fois solliciter « Hé Mercedes ! » pour lui demander « chanson suivante ! » On se croirait presque dans l’émission de Thierry Ardisson et ses fameuses répliques « Magnéto Serge ! »

Ainsi, pour changer facilement de musique, vous devrez affecter l’affichage Média sur votre tableau de bord central et affecter le rappel du guidage sur l’écran de droite. Comment faire plus compliqué ?!

Belle confusion, et déception de la part de Mercedes-Benz qui gonfle le torse en affichant pléthore de fonctionnalités technologiques qui perdent réellement l’utilisateur et loin d’être intuitives, l’obligent à s’adapter à la voiture.

Et il faut s’y faire à tout cet univers. En effet, les commandes de feux sont à gauche, le commodo de droite est un levier de vitesses automatique. Cela a beau faire des années, je l’utilise toujours avec prudence et précaution de peur de mal enclencher le bon rapport.

Sur la route, la puissance du moteur de 200 ch essence est remarquable et la tenue de route de l’auto vous fait ressentir comme sur un rail… de TGV ! En effet, les accélérations sont instantanées et, selon le mode de conduite, fulgurantes. Heureusement qu’avec tout cet amas de technologie, apparaît pour la première fois sur la Classe B, l’affichage tête haute, un complément de conduite d’un atout plus qu’indispensable. À noter également la reconnaissance des panneaux et les limitations de vitesse sur la route empruntée qui sont un agrément notoire. Là encore, de nombreuses aides arrivent à la pelle, pour ne citer que le freinage d’urgence, le maintien sur la file, et le resserrage de tension de ceinture si vous roulez, y compris à basse allure, et que vous approchez trop près d’une voiture, qui est des plus irritant.

La conduite est un réel régal notamment quand on est confortablement lovés dans les sièges. Finalement, lorsque l’on conduit cette nouvelle Classe B, la disposition des éléments intérieurs, l’instrumentation MBUX ainsi que le large écran panoramique font qu’on a du mal à percevoir les nettes différences avec une Classe A.

LA SUITE SUR : essai Mercedes AMG A 35 4 Matic

On aime :
- Le repose-main pour mieux dessiner sur le TouchPad
- Les liserés LED bleutés qui traversent la voiture

On aime moins :
- Le bouton Warning mal indiqué contrairement aux autres boutons
- Le côté trop technologique qui l’emporte sur l’intuitivité des fonctionnalité de l’auto

Daniel Latif

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