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Essai Audi RS4 Avant : évolution de l'espèce !

En 1994, les ingénieurs d’Ingolstadt imposaient leur schizophrénie au monde entier en produisant le premier break surpuissant sur base d'Audi 80 Avant. Imaginez un break compact propulsé par un moteur turbo, des freins et des suspensions récupérées chez le cousin Porsche… La RS2 était née.

+ de photos Audi RS4

Plus de 25 ans après et 4 générations plus fantastiques les unes que les autres, voici le temps de vous présenter le nouvel opus de sa descendante, l’Audi RS4 Avant qui, comme son ancêtre, dispose d’une cavalerie digne d’une supercar, tout en étant toujours capable de transporter une armoire normande dans son sac à dos. En route !

Un noble pedigree…

Il est vrai qu’en passant à cette nouvelle génération de RS4, l’Avant perd tout de même deux cylindres. Eh oui, malheureusement la chasse aux sorcières de la consommation normée et de la chasse au CO2 a encore frappé. En même temps, cela a bien fonctionné puisque le break est annoncé avec une moyenne de 8,8 litres et 199 grammes de CO2 par kilomètre.

Cependant, pour combler cette éradication des chambres à combustion, les motoristes ont greffé au V6 un double turbocompresseur. Le résultat est spectaculaire !

La RS4 Avant et son V6 conservent la même cavalerie de 450 canassons que son aîné à V8 (nom de code B8), mais elle offre en plus un couple gargantuesque de 600 Nm. Évidemment, la puissance est transmise au tarmac par le système quattro via ses quatre roues. La liaison entre les trains roulants et le V6 se fait par une boîte automatique tiptronic à 8 rapports.

Les chiffres sont époustouflants pour un break ! Et cela malgré une masse de 1 790 kg qui, mine de rien, fait économiser 80 kg par rapport à la B8. Bref… le 0 à 100 km/h est expédié en 4,1 secondes, alors que la V8 en demandait 0,6 de plus. Si la vitesse de pointe est limitée électroniquement à un très raisonnable 250 km/h, le propriétaire peut débrider son bolide pour que son aiguille de compteur de vitesse franchisse le 280.

Essai AUDI RS4 Avant B9, 450 chevaux dans un break

Et hop, à la salle de sport !

Une écurie de cette envergure, cela doit forcément se voir un tantinet de l’extérieur ! Et la marque aux anneaux enrobe effectivement son RS 4 Avant d’une parure de guerre clairement évocatrice qui ne fait pas vraiment dans la discrétion. Calandre Single Frame béante, bouclier avant enveloppant percé d’énormes écopes d’air pour le refroidissement des freins, jupes latérales travaillées, jantes énormes taillées dans la masse, double échappement format XXL… et j’en passe.

Cela ne transforme toutefois pas cette Audi RS 4 Avant en brute lourdement dopée, mais c’est suffisamment viril pour faire tourner les têtes et libérer la voie devant soit. C’est comme si elle portait un gyrophare de la maréchaussée ! Plutôt sympa, cet effet secondaire…

À l’abordage !

Il est temps de lancer la machine. Pour cela, il faut tout d’abord s’installer dans les sièges sport revêtus d’un beau cuir à surpiqûre. Avec leurs multiples réglages électriques, trouver sa position de conduite idéale se fait en un tour de main. Bien assis derrière le magnifique volant à méplat, je retrouve tout de suite mes marques. Le tableau de bord est strictement le même que celui d’une A4 classique, à ceci près qu’il dispose de tous les équipements technologiques disponibles dans la gamme et que certains matériaux sentent franchement le sport. Ici foisonnent le carbone, l’aluminium, l’alcantara et le cuir. Sinon, pour le reste, la finition frise comme de coutume l’excellence avec des assemblages de bonne qualité. Pour preuve, pas un bruit parasitaire ne viendra m’agacer durant cet essai. Ce qui n’est pas si fréquent !

Mais le véritable spectacle, c’est la ritournelle du moteur. Au démarrage, le 6 cylindres en V renifle dans un bougonnement rauque. Mais pas au point de faire trembler le macadam et les badauds. Par contre, le petit coup de gaz est bienvenu puisqu’il libère de petites crépitations. C’est juste pour être certain que tout le monde l’ait bien entendu…

Interieur de l'AUDI RS4 Avant B9 est de très haute qualité

Levier sur D, et c’est parti !

Avec le pied droit léger comme un plume, la RS4 Avant s’avère surprenante et prévenante. Le mode « Comfort » me permet de circuler sans ameuter tout le quartier, diminuant le volume sonore de l’échappement de façon significative. La douceur de la suspension étonne, plus en tout cas que la fermeté de la direction. Je ne vais pas dire que je circule en toute discrétion, mais au moins, le break sait se faire civilisé. Car il est vrai que de très loin, on ne voit qu’un break. Cependant, les centimètres s’amenuisant, certains détails dérangent et trahissent le caractère bestial de cette familiale.

Sur l’autoroute, la RS4 flatte les passagers grâce à son comportement de « gentille fille ». Car il est vrai que l’espace intérieur est plutôt bien géré. Que ce soit devant ou derrière, tout le monde y est confortablement installé. Même les bagages d’une petite famille de 4 personnes auront de la place pour s’étendre. De plus, le système quattro aseptise la sensation de vitesse. Alors il faut vraiment faire attention aux limitations de vitesses excessives de nos voies rapides qui seront un vrai problème pour le conducteur. Rouler à 150 ou 90 km/h, les sensations de conduite sont les mêmes ! Heureusement, les aides à la conduite (régulateur de vitesse adaptatif, maintien dans la voix, freinage d’urgence…) sont là pour nous aider à conserver notre permis.

Enfin du sport !

Devant moi 16 km de zig et de zag d’une route de campagne fermée au public pour l’occasion. J’appuie sur le « Drive Select » et opte pour le mode « Sport ». L’Avant semble se mettre à trembler. La mécanique ouvre sa gorge et s’exclame avec force. Après quelques Burn pour chauffer les pneus, c’est enfin le moment… je mets plein gaz !

Le moteur donne des coups de boutoir à la moindre pression sur la pédale d’accélérateur. Les six cylindres construisent leur trame sonore en crescendo, avec une voix métallique et méchante, mais qui ne devient jamais aussi sonore que sur son ancêtre avec son V8. Cela ne correspond pas à son nouveau caractère. Elle, ce n’est pas une hargneuse, c’est un chirurgien qui travaille ses trajectoires au scalpel.

Le quattro ne laisse aucune place au dérapage. Ici, je prends une trajectoire. Je freine un chouïa pour ralentir avant de me prendre le mur. Je tourne le volant avec précision. Ça couine ! Je remets les gaz. Et le break s’y tient. Un point c’est tout ! C’est d’une redoutable efficacité et les vitesses sont ahurissantes. Au moins digne d’une super sportive. Alors que, bigre… je suis dans un break !

Il est évidemment possible de rendre le break vivant du popotin en déconnectant le contrôle de trajectoire. Mais faut y mettre ses... du cœur ! L’exercice est très périlleux et demande une dextérité et un coup de volant de grand pilote. La plupart du temps s’y atteler, c’est réaliser un pitoyable « tout droit »… car il faut fermement s’inscrire en entrée de virage et tout balancer à la sortie avec un coup de volant explosif. Une fois, ça va… trois fois et bonjour les dégâts !

Ouille ouille ouille ! Avalant la route à une allure impressionnante, à l’instar de sa consommation qui peut atteindre les 22 l/100 km, je me rends compte que je suis tombé sous son charme. Cette RS4 est vraiment attachante. Cependant, vendue à partir de 92 000 €, elle me le fait payer cher. D’autant plus qu’il faut aller visiter l’épais catalogue des options pour bénéficier d’un équipement vraiment complet.

Test et avis sur la nouvelle AUDI RS4 Avant avec un V6 biturbo

Alors, c’était mieux avant ?

Les puristes pourront regretter la mécanique plus lissée en passant du V8 au V6 biturbo. Surtout si l’on y ajoute une conduite de plus en plus « chirurgicale »… Mais c’est l’époque qui veut ça et honnêtement, il semble difficile de reprocher quoi que ce soit d’objectif à cette RS4 Avant. Cette génération se révèle particulièrement excitante à conduire et devient piquante à piloter !

Note : 16/20

Bien vu :
- Le style sportif et familial.
- Le couple V6/Tiptronic.
- Une catapulte grisante.
- « Confortable » sur autoroute.
- Facile en ville.

À revoir :
- Consommation qui s’envole.
- Le tarif et le catalogue d’options.
- N’est pas pilote qui veut avec elle.

Benoit Alves

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