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Essai BMW X4 20d : un SUV sans le côté pratique

Les SUV et autres crossovers ne sont pas une passion, loin de là, mais je veux bien leur admettre un côté pratique avec un peu plus d’espace, de volume de chargement et bien plus de sex appeal qu’un morne monospace. Mais lorsque l’on me propose d’essayer un SAC – Sport Activity Coupe – je reste très franchement dubitatif. Le principe est simple, prenez un SUV et enlevez-lui l’aspect pratique et il reste… un X4.

+ de photos Bmw X4 20d M Sport

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, prendre un SUV et lui donner une forme de coupé… euh… il faudra tout de même s’entendre sur le terme de « Coupé » qui semble très largement galvaudé depuis quelques années. Bref, on dessine une ligne de toit plus basse et fuyante vers l’arrière et le tour est joué. Au passage, on tronque allègrement l’espace à la tête des passagers arrière et le volume du coffre, mais nous ne sommes plus à ça près dans ce concept étonnant de SAC, inventé par BMW avec la X6.

Mais après tout, le concept n’est pas plus idiot que celui du vrai coupé par rapport à la berline classique et tout ceci n’est qu’une affaire de style et donc de goût, et au vu des chiffres de vente, BMW aurait bien tort de se soucier de mon avis.

Il n’empêche, côté style le nouveau X4 est tiraillé entre sa face avant reprise du nouveau X3 (lire notre essai), qui joue la verticalité pour donner un aspect plus haut et plus SUV tandis que le profil et l’arrière, au contraire, jouent le dynamisme avec cette ligne de toit fuyante et un arrière très horizontalisé (non, ce mot n’existe pas !) avec des feux très effilés, des lignes bien droites et une voie élargie de 30 mm pour asseoir encore plus le modèle. Un curieux mélange des genres qui me laisse, au mieux, insensible même dans ce très beau rouge Flamenco Rot.

Un habitacle moins habitable

Tout ceci impacte directement l’intérieur avec le coffre qui propose 525 litres et un peu moins de praticité. Il est néanmoins extensible jusqu’à 1 430 litres grâce à la banquette rabattable 40/20/40. C’est certes moins bien que sur le X3 (550 et 1 600 litres), mais c’est tout de même en hausse de respectivement 25 et 30 litres par rapport à son prédécesseur.
Coffre BMW X4
Les places arrière sont également réduites, mais de manière plus significative que le coffre, et les grands gabarits devront faire contre mauvaise fortune bon cœur, a fortiori lorsque l’option toit panoramique est cochée. Non pas que je n’apprécie pas ces grands toits vitrés, bien au contraire, et le X4 est le seul du segment capable d’en proposer un d’ailleurs. Non, le problème est qu’il diminue la garde au toit de quelques précieux centimètres et qu’il faudra y penser avant de choisir cette option à 1 850 €.

D’ailleurs, puisque l’on parle du prix, débarrassons-nous tout de suite de cette basse considération. Le nouveau BMW X4 débute à 50 700 € en finition Lounge avec le moteur essence 20i de 184 ch. Avec le 20d, le tarif commence à 54 900 €, toujours en finition Lounge et mon modèle d’essai, en finition M Sport et bien optionné, s’affiche à un costaud 80 400 €. Mais j’ai les indispensables jantes de 21 pouces, un bouclier avant plus sportif et un beau cuir Vernasca, qui nous ramène dans l’habitacle.

Si l’on manque un peu d’espace à la tête, le confort n’est tout de même pas absent. Déjà, l’espace aux jambes à l’arrière augmente de 27 mm et est tout à fait acceptable. Il impose juste d’être malformé avec de grandes jambes et un petit tronc comme la nouvelle Peugeot 508 (lire notre essai), en moins marqué tout de même ici. L’assise, de son côté, ne souffre pas la critique avec des sièges dont le très bon niveau de confort égale le maintien latéral. Dans l’ensemble, les matériaux et ajustements ne méritent pas de reproches et la planche de bord est celle, agréable, du X3 avec quelques subtilités puisque l’on peut opter pour des inserts spécifiques au X4. Sinon, c’est peu ou prou la même chose avec les mêmes fonctionnalités de série ou en option, telles que l’écran tactile, le iDrive avec pad tactile, la commande gestuelle ou l’excellent affichage tête haute et la pléthore d’aides et assistances à la conduite.

Je crois que je me suis trompé…

Je suis en Corse, au volant d’un SUV qui se veut plus dynamique dans son style, mais également dans sa définition en proposant, de série, le DirectDrive – une direction et un amortissement plus sportifs – remplacé par le SelectDrive sur mon modèle d’essai qui permet de choisir son mode de conduite. Je démarre donc mon moteur 4 cylindres diesel de 190 ch et 400 Nm disponibles dès 1 750 tr/min et d’emblée la sonorité du 6 cylindres, même celui nourrit au gazole, me manque. Rien de bien grave, mais BMW a souvent rimé avec belle sonorité tout de même. Cela dit, je ne suis plus à ça prêt avec ce SUV Coupé.
Arrière BMW X4 2018
Que ce soit en ville ou sur route, le nouveau X4 officie parfaitement entre son très bon niveau de confort et sa boîte de vitesse automatique à 8 rapports qui égrène les rapports à bon escient. Seule la direction me semble, pour une fois, étonnamment artificielle. Une sensation qui m’est pourtant inconnue chez BMW, bien au contraire. Suis-je à ce point hermétique au X4 pour en arriver là ou quelque chose me dérange-t-il réellement, le mystère reste entier bien que je penche tout de même pour la seconde option.

Je m’échappe des belles routes et me retrouve sur des chaussées tortueuses au revêtement particulièrement incertain qui montent vers les montagnes de l’intérieur de l’île. Je sélectionne le mode Sport qui voit la direction gagner en assurance et l’amortissement concéder moins de roulis. Néanmoins, j’ai fait une erreur de casting. Si les routes et les paysages sont géniaux, les premières ne sont pas adaptées au gabarit du X4, ni même à son dynamisme. Ces conditions mettent en exergue la qualité de son amortissement qui demeure parfaitement confortable même sur des routes en mauvais état, mais également les limites de l’engin malgré ses velléités « dynamiques ». Au final, tout coupé qu’il soit, le X4 est un SUV, haut sur pattes et plus lourd que des berlines et bien qu’il ne démérite pas, il n’offre aucunement les capacités routières de celles-ci.

Les quelques cochons corses croisés au détour de virages, pour leur part, semblent avoir apprécié l’efficacité et l’endurance du freinage qui, sans être parfait en mode « arsouille » (c’est un coupé dynamique, non ?), est tout à fait convaincant dans la grande majorité des situations.
BMW X4 20d M Sport
Je l’ai dit, BMW aurait tort de se priver de produire ce nouveau X4 parce qu’un rédacteur grincheux – accompagné de quelques autres – n’aime pas l’idée même du SAC. D’ailleurs, les clients auraient tort de se priver de cet achat également. Un achat automobile est souvent parfaitement irraisonné, d’autant plus lorsque l’on est capable de s’acquitter des tarifs pratiqués pour le X4 et, de toute façon, pourquoi devrions-nous faire un achat raisonnable au lieu de nous faire plaisir avec ce qui nous fait envie. Dans ce cas-là, BMW ne vole pas ses clients - enfin, les tarifs sont tout de même costauds - et, n’en déplaise aux gratte-papiers aigris, leur propose un produit convaincant qui ne manquera pas de combler leurs désirs.

Note : 14,5/20

Bien vu :
- Confort dans toutes les situations
- Freinage vu l’engin
- Matériaux et assemblage de qualité
- Dynamisme…

À revoir :
- … pour un SUV
- Style, pour certains
- Tarifs avec les options
- Direction

Etienne Roville

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