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Essai SEAT Tarraco : comme une allemande ?

L'offensive de produits initiée par la marque ibérique depuis une décennie bat son plein. Évidemment, dans un monde de l'automobile qui se «SUVise», SEAT ne pouvait faire l’impasse sur cette sorte de produit. Après un SUV compact (l'Ateca), un SUV urbain (l’Arona), voici le SUV (pouvant accueillir jusqu'à 7 places) : le SEAT Tarraco.

Nous voici en Espagne, non loin de Martorell, pour tester les premiers modèles sortis des usines de Wolfsburg.

+ de photos Seat Tarraco Xcellence

SEAT Tarraco : une Allemande !

Vous avez bien lu l’introduction. Cette Espagnole est bien assemblée dans les usines de Volkswagen en Allemagne. Et il y a une raison simple à cela : le SEAT Tarraco n’est en fait qu’un Volkswagen Tiguan Allspace revu par les ingénieurs et stylistes de la marque espagnole.

Cette filiation se voit d’ailleurs franchement avec son profil. La stature, les arêtes et l’allure globale sont ici franchement calquées sur l’Allemande. Sinon, de face et en poupe, la rupture est plus franche.

Passons tout d’abord sur l’arrière-train de ce SUV. L’esprit ne révolutionne pas le genre. Il offre des traits horizontaux pour marquer son côté « costaud ». Les feux à LED s’allongent jusqu’à obtenir une unité commune, en plastique rouge. Cet artifice stylistique a d’ailleurs tendance à se généraliser dans les nouveaux modèles. Exemple la Peugeot 508, le Range Rover Evoque ou encore la Porsche Panamera.

De face, les transformations sont d’une autre ampleur. On apprendra, en fin de journée, que ce Tarraco initie le nouveau design de la marque. Alors, regardez bien la nouvelle calandre. Plus haute, plus large et plus marquée, elle essaie de gagner en caractère. Pour ma part, j’y ai vu une franche similitude avec l’allure des SUV coréens de Hyundai, comme le Tucson. Par contre, les optiques sont plus travaillées : la signature lumineuse devient un très élégant faire-valoir de la marque, et pour la première fois, elles deviennent dynamiques avec des clignotants qui se mettent à danser.

Test du SEAT Tarraco 4Drive en Offroad

SEAT Tarraco : des bases techniques de Tiguan

L’autre preuve que cette Espagnole est une Allemande est sa base technique. Ici, pas de surprise. Tarraco reprend la plateforme technique du Tiguan Allspace.

Le châssis du Tarraco est donc le fameux MQB. Il peut s’équiper, tout comme l’Allemande, de ses suspensions pilotées et du système de traction intégrale de Volkswagen.

Les moteurs viennent tout naturellement de la banque d’organes du groupe. Le client n’aura droit qu’à deux puissances : 150 et 190 chevaux que ce soit en essence ou en diesel. Une gamme qui va rapidement s’enrichir avec une Tarraco FR qui sera dans le catalogue courant 2019 et un Tarraco hybride plug-in prévu en 2020. Celui-ci proposera une puissance cumulée de 210 chevaux et une autonomie en 100 % électrique d’environ 50 km.

Que vaut ce SUV : SEAT Tarraco ?

Notre essai commence dès que nous mettons les pieds sur le sol espagnol. Une armée « mexicaine » nous accompagne d’un pas pressé vers les premiers Tarraco reçus de l’usine.

Notre choix est simple. Vu qu’il ne reste plus qu’un modèle à disposition. Ce sera le haut de gamme SEAT Tarraco TDI 190 DSG 4drive Xcellence. Le SUV dispose du fameux moteur turbo diesel, le : 2,0 TDI. Il donne de ses 4 cylindres pas moins de 190 chevaux pour 320 Nm de couple disponible entre 1 500 et 4 100 tr/min. Le 0 à 100 km/h ne demande que 8 secondes, alors que sur Autobahn, il est capable d’atteindre les 210 km/h en vitesse de pointe.

Clé en main, nous entrons dans l’habitacle. Tout comme l’extérieur, celui-ci évolue franchement. Si le tableau de bord conserve des lignes rectilignes et horizontales, il abandonne son côté plat pour une planche de bord qui s’articule sur plusieurs niveaux. L’écran tactile qui contrôle le multimédia passe sur la partie supérieure. Derrière le volant, les aiguilles des compteurs laissent leurs places à un écran digital capable d’afficher, par exemple, le GPS. Les plastiques et leur ajustement sont juste dans la moyenne. Rien d’exceptionnel, mais c’est propre !

Avant de lancer le moteur, nous passons sur le deuxième rang. Les passagers y seront particulièrement choyés ! Du moins les deux du côté, car la place centrale reste un peu plus chiche. Par contre, avec son empattement (distance entre les roues avant et les roues arrière), on dispose d’un espace aux genoux impressionnant.

Le coffre est de 760 litres lorsque cinq personnes sont à bord. Rabattez les deux rangées de sièges arrière et le coffre se transforme en soute à bagages d’avion avec un volume de 2 000 litres. Voilà de quoi partir tranquille pour les grandes vacances de l’été prochain…

Après ce petit tour du propriétaire, je lance le moteur. Il s’ébroue avec un peu trop de force à froid. Peu importe, l’essai du SEAT Tarraco continue.

Les premières sensations sont bien là. On reconnaît, sur le plan dynamique, les gènes de Volkswagen avec un réglage de suspensions bien plus ferme. De fait, il devient plus dynamique en courbe que le Tiguan, notamment au moment de l’inscription en entrée de virage. Tout ceci se fait au détriment du confort de suspensions. Le moteur ne rechigne pas à la relance, mais il est souvent bridé par la boîte DSG qui a tendance à trop « réfléchir » avant de passer un à deux rapports en dessous. Sans oublier que ce Tarraco se fait franchement entendre sur les accélérations, alors que le Tiguan Allspace se faisait plutôt ignorer. Certainement, un effet indésirable des économies sur le coût de fabrication.

Quitte à avoir un SUV, autant nous amuser avec lui et étrenner son système de transmission 4Motion. Et c’est surprenant ! Même si vous ne serez pas très nombreux à le pousser dans ses retranchements, sachez que le Tarraco s’en sort avec les honneurs ! Notre vadrouille en hors-piste a bien mis en évidence ses compétences. De la boue, du caillou, de la végétation hostile. Pas de problème pour la motricité ! Sans oublier son impressionnante armada de caméras entourant la voiture. Elles permettent d’aborder des terrains compliqués avec sérénité.

Pour finir l’essai de ce SEAT Tarraco, il nous fallait prendre l’autoroute sur plus de 80 km. Largement de quoi essayer les assistances à la conduite. Évidemment, pas de surprise. Tout vient encore une fois du groupe Volkswagen. ET c’est tant mieux ! De fait, le Tarraco s’équipe du très précieux régulateur de vitesse adaptatif, de l’avertisseur de collision, du détecteur d’angle mort, de l’assistant de sortie de place de stationnement et surtout de la conduite semi-autonome dans les embouteillages. Un outil vraiment agréable lorsque l’on rentre dans les bouchons de Barcelone. Croyez-moi ! 

Un SUV de grande taille est disponible chez SEAT, le Tarraco

SEAT Tarraco : le verdict !

Le Tarraco renforce clairement la gamme SUV de SEAT. Si le SUV Compact Ateca chasse dans les terres du leader Peugeot 3008 avec un brin de sportivité supplémentaire, le Tarraco ravira quant à lui les familles à la recherchent d’espace à bord.

Question dynamique de conduite, les ingénieurs ont choisi de lui faire prendre de la fermeté vis-à-vis du VW Tiguan. Et là, c’est une question de goût… Les moteurs sont plutôt bons, mais l’insonorisation en rebutera certains.

Bref… vous l’aurez compris, SEAT propose un SUV qui ne révolutionne pas le genre, en s’appropriant les technologies de la maison mère Volkswagen. Par contre, en procédant de la sorte, SEAT propose un Tarraco qui est dans le coup. Note : 13/20

Bien vu :
- Base technique solide
- Des prix inférieurs au Tiguan
- Équipement complet

À revoir :
- L’insonorisation
- Le style un peu coréen
- Très, voire trop, sage dans un segment qui explose

Benoit Alves

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