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Essai Audi RS 5 quattro : sur des rails

Dans la gamme des coupés grand tourisme haut de gamme, il y a la reine BMW M4, la trublionne Mercedes-AMG 63 et l’imperturbable Audi RS 5 coupé. Lorsque l\'une d’entre elles passe par la case du nouveau modèle, c’est forcément un événement qui marque.

Aujourd’hui, Audi lance justement la nouvelle mouture de son coupé RS 5. Si dans l\'affaire elle perd deux cylindres, en revanche elle y gagne : deux turbos, un look aguicheur, des technologies modernes et une tenue de route à faire pâlir un train grande vitesse bien posé sur ses rails. Nous voilà dans les Pyrénées pour en prendre le volant.

+ de photos Audi RS5 V6

Parlons chiffres…

L’ancienne génération d’Audi RS 5 coupé se mouvait avec férocité grâce à son V8 FSI de 4,2 litres. S’il produisait 450 chevaux – tout comme notre nouveau V6 – il devait se contenter de « seulement » 430 Nm de couple. Un chiffre explosé par ce tout nouveau moteur 2,9 TFSI V6 qui fait grimper l’addition à 600 Nm entre 1 900 et 5 000 tr/min.

La cavalerie passe sur les 4 roues grâce à une boîte tiptronic à 8 rapports et le système de transmission intégrale maison : quattro. Pour assurer stabilité et plaisir de conduire, celui-ci répartit le couple de manière asymétrique entre les essieux. 40 % à l’avant et 60 % à l’arrière. Audi Sport propose même en option un différentiel sport à l’arrière capable d’amplifier l’adhérence des roues extérieures aux virages… mais on y reviendra.

La firme d’Ingolstadt est également capable d’équiper son bolide avec un système de suspension sport RS avec Dynamic Ride Control (DRC), de freins céramiques et d’une direction dynamique avec réglage spécifique RS. Le conducteur peut ainsi personnaliser son expérience de conduite en jouant sur les réglages de l’Audi drive select.

En cycle normé, le V6 biturbo ne consommerait que 8,6 litres de carburant/100 km, soit 197 g de CO2 par km. C’est près de 17 % de moins que l’ancienne génération. Évidemment le V6 de 2,9 litres est plus frugal que le gros 4,2 litres, mais la perte de 60 kg sur la balance, n’y est pas pour rien.

Bon, je m’arrête là pour les explications techniques. Cependant, il faut juste savoir que ce coupé A5, revu par les ingénieurs Audi Sport est capable d’abattre le 0 à 100 km/h en moins de 4 secondes (3,9 pour être précis) et file à 250 km/h, et même 280 km/h avec le débridage du pack Sport.

Nouvelle AUDI A5 RS en essai à Andorre : AUDI RS5 coupé

Le terrain de jeu…

Andorre fait partie de ces quelques contrées européennes grandes comme un mouchoir de poche. Face à la vaste Catalogne, le pays souffre de sa taille lilliputienne et de sa réputation. Cette montagne, dépourvue d’atouts économiques (et encore moins agricoles) majeurs, a dû inventer des solutions pour exister dans le monde d’aujourd’hui. Elle s’est donc constitué son propre « or noir » par la grâce d’un libéralisme à tout crin. Le secret de ses banques, le bétonnage de ses flancs par des promotions immobilières douteuses, le commerce et le tourisme sans taxe a permis aux Andorrans de récolter les dividendes dont ils avaient besoin. 

C’est dans cet écrin sulfureux que nous allons pouvoir tester les premiers bolides sortis des chaînes de montage. Car si la plupart des touristes s’arrêtent dans les boutiques du Pas de la Case et d’Andorra la Vella. Nous, nous allons découvrir l’autre visage, moins commercial et plus bucolique de cette coprincipauté.

Ici dans les vallées secondaires, rythmées par les hauts clochers presque millénaires de vieilles églises romanes, le son de notre V6 fera lever les foules et les pouces.
Revenons à nos moutons…

Je ne peux faire l’impasse sur le style de ce coupé. Si j’avais déjà pris le volant de cette nouvelle Audi A5 coupé et cabriolet sur les terres de nos voisins transalpins, jamais elle ne m’avait paru si impressionnante.

C’est que les designers se sont fait plaisir en s’inspirant directement des Audi 90 quattro IMSA GTO. On reconnaît ses traits via ses larges entrées d’air en nid d’abeille, typiques des modèles RS. À côté des optiques Audi Matrix LED, des prises et sorties d’air latérales mettent en évidence l’instinct de chasseuse de chronos de cette A5. La calandre Singleframe large et plate fait échos aux badges quattro sur les flancs qui accentuent les passages de roues élargis de 15 mm par rapport au modèle précèdent. Elle semble prête à bondir !

Le côté exclusif du véhicule est renforcé par l’insert du diffuseur spécifique des modèles RS, les sorties d’échappements ovales et le spoiler. L’Audi RS 5 Coupé est disponible de série avec des roues de 19 pouces, mais mon modèle est quant à lui équipé de roues de 20 pouces (disponibles en option). Les packs jouant sur l’apparence extérieure du véhicule – noir brillant, carbone, aluminium mat – permettent de personnaliser encore plus la bête.
Bon, il faut bien l’avouer, cette Audi RS 5 en jette ! Et tout ce qui est en plus n’est pas en trop. Du beau boulot. Mais… car il y a toujours un mais. Au premier appui sur le bouton « START », nous percevons un son qui ne parvient pas à égaler celui de l’ancienne génération. Un V8 atmosphérique, ça chantonne avec une voix profonde. Les ingénieurs ont fait leur possible pour donner à cette RS5 un timbre sportif, mais à le comparer à l’ancien, ce V6 semble vocalement enrhumé !

Essai Audi RS 5 coupé et son nouveau V6 biturbo

Des zigs et puis des zags…

Nous voici face aux célèbres virages d’Andorre. Avec pédale de droite cimentée au plancher, l’Audi nous colle au dossier des très bons sièges sport. Le 6 cylindres débite son formidable couple dès les plus bas régimes et ne lâche jamais l’affaire ! Si on pouvait se contenter, la majeure partie du temps, des régimes compris entre 1 500 et 4 500 tr/min, passé ce cap, la RS 5 devient tigresse en poussant encore plus fort. Comme si les montées n’avaient aucune influence sur sa rage.

Les virages s’enchaînent à des vitesses toujours plus hautes. Notre transmission quattro est équipée d’un différentiel mécanique sport qui permet de viser l’intérieur du virage, prendre la corde et mettre plein gaz. La RS5 ne bronche pas, elle semble plus performante que jamais avec sa motricité sans limites. Une dérive du train arrière ? N’y comptez tout simplement pas. Elle, elle reste comme collée à l’asphalte et seul un enchaînement d’épingles – ESP déconnecté – nous permettra enfin d’avoir droit à une légère dérobade du train arrière.

Il n’y aura guère que les nouveaux freins céramiques qui nous poseront des questions. Extrêmement puissants et efficaces pour placer l’engin, ils ne nous ont semblé pas assez endurant. C’est qu’ils avaient fort à faire avec nous qui retardions sans cesse nos points de freinage.

Essai de la nouvelle RS5 d'Audi

Faisons l’addition…

Après avoir sillonné ces routes pyrénéennes, il faut rentrer au bercail. L’occasion pour nous de lever le pied et de mettre la dynamique de l’auto en mode « COMFORT ». La suspension s’adoucit, l’accélérateur est plus souple et la boîte de vitesses change de rapport bien plus bas pour profiter au maximum de son couple, alors que la direction devient, pour sa part, plus onctueuse. C’est à se demander si c’est la même voiture. De bête de course capable d’avaler plus de 17 litres aux 100 km, elle s’est muée en gentille routière qui se contente d’une moyenne de 11 litres.

Elle redevient tout d’un coup très méchante lorsque l’on s’attarde sur le chèque qu’il faut laisser à son concessionnaire aux anneaux. Avec un prix d’entrée de base de 95 000 €, on pourrait se dire que s’est une affaire. Mais cette RS 5 coupé s’adresse aux amateurs de vitesse folle qui recherchent la performance brute. Pour y arriver, le client devra passer par la case options afin d’agrémenter son bolide de 3 armes : le châssis sport plus avec Dynamic Ride Control (2 400 €), un système quattro avec différentiel sport (1 630 €) et des freins céramiques (7 300 €). Sur notre modèle, qui en est équipé, l’addition monte à plus de 118 000 €… Gloups !

Note : 3,5/5

Bien vu :
- Confort de la suspension
- Qualité des matériaux
- Performances sportives

À revoir :
- Les tarifs des options
- Manque de fun du comportement
- La consommation qui s’envole très vite

Photos © Etienne Rovillé pour La Revue Automobile

Gentleman Racer

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