Une nouvelle C4 inclassable ?
Si l’histoire de la
Citroën C4 commença en 1928, ce nouvel opus n’est que le quatrième du nom. Pourtant la firme aux chevrons n’a jamais vraiment abandonné le segment le plus couru des consommateurs européens. Il y eut par exemple les insolites GS des années 80 qui reprenaient les formes de la
CX mais, en mode compacte. Ou encore, la très particulière
ZX et même la belle
Xsara.
Ce qui est certain, c’est qu’elles avaient toutes une personnalité iconoclaste. Eh bien, cette
nouvelle C4 fait de même. On a même du mal à lui donner une catégorie. Elle est à la croisée des chemins. C’est une sorte de berline compacte mélangée à un SUV urbain. Il faut dire que sa garde au sol s’élève à près de 16 cm. Pour votre info, on n’est plus
très loin des 18 cm d’un Nissan Qashqai… Et puis, il y a cette allure très originale qui tire aussi un peu vers l’univers du coupé.

ë-C4 : un habitacle ouaté
Le style est clairement clivant.
On aime ou on déteste.
Pour ma part, je l’apprécie franchement.
Le problème, c’est que ces circonvolutions de carrosserie entament la visibilité arrière. L’aileron posé sur la malle, qui sépare la lunette arrière en deux parties, greffe sérieusement la rétrovision.
Mais c’est bien là le seul gros reproche que l’on pourra lui faire dans l’habitacle. Car l’espace y est vraiment généreux pour la catégorie. On se croirait à l’intérieur d’une berline du segment supérieur. Sans oublier que cette
C4 sait vous accueillir avec délicatesse. Un effet rendu possible par les fameux
sièges Advanced Comfort© et les suspensions à
Butées Hydrauliques Progressives© made in Citroën.
La présentation générale du poste de conduite se montre plutôt agréable en créant un cocon autour du pilote. La finition du tableau de bord se montre aussi plutôt soignée. En revanche, l’écran qui remplace le compteur de vitesse est un brin trop petit et présente finalement trop peu d’informations. Alors, si vous en avez les moyens, optez pour la finition Feel Pack qui propose l’affichage tête haute de série.
La soute à bagages dispose d’un volume dans la bonne moyenne de la catégorie avec 380 litres. La compacte française va même plus loin avec de multiples espaces de rangement dans l’habitacle qui cumulent 39 litres de rangement en sus.

Une C4, non une ë-C4
Cette nouvelle génération de
Citroën C4 offre une belle panoplie de groupes motopropulseurs. Cela va du turbo diesel à injection directe BlueHDi de 110 chevaux à des moteurs essence turbo de 100, 130 ou même 155 chevaux. Elle peut même se voir équipée de la boîte EAT à 8 rapports, reconnue pour ses passages de vitesses réalisés en douceur…
Mais nous, on n’est pas là pour ça. Cette
C4 est la première berline compacte du groupe PSA à profiter du système de propulsion 100 % électrique du groupe. Tout comme la 2008 et 208, la ë-C4 dispose d’une batterie au lithium-ion de 50 kWh. Elle fournit les électrons nécessaires pour alimenter les 136 chevaux placés dans le moteur électrique qui se situe sur le train avant.
En centre urbain, c’est un vrai régal de rouler avec l'
ë-C4. Douce avec ses suspensions offrant un ouaté inimitable, elle se faufile comme un rien dans le trafic. Silencieuse, on peut profiter de la sono, ou du claquement du moteur diesel de son voisin. Pas de vitesses à passer, car elle n’en dispose pas. On se prend même au jeu de maximiser son freinage pour régénérer au maximum la batterie dans les phases de ralentissement. D’ailleurs, ici, elle ne demande que 15 kWh pour 100 km. Une moyenne qui porterait l’autonomie vers 350 km… sauf que dès que l’on sort des centres urbains, la petite
ë-C4 se lance dans la consommation d’électrons.
La route ne lui fait pas peur. Ses
136 chevaux et son couple généreux en font même une petite GT, si vous enclenchez le mode « Sport ». Mais là, elle devient gloutonne avec une conso de 22 kWh. Pour maximiser son autonomie, mieux vaut se la jouer « pépère ». Il faut éviter les franches accélérations inutiles, maximiser la roue libre et le freinage. Ici, elle demandera 18 kWh et offrira une autonomie de 270 km. Sur autoroute, régulateur sur la vitesse légale, l’autonomie sera inférieure à 250 km, obligeant à la recharger régulièrement.
Bien heureusement, derrière la trappe à essence se cachent en réalité deux prises de courant. Une Type 2 pour le courant alternatif et une Combo CSS capable de récupérer jusqu’à 100 kW par heure. C’est-à-dire que cette ë-C4 peut faire son plein d’électrons (de 20 à 80 %) en moins de 20 minutes.
