Essai audi r8 rws la propulsion la tentation du diable

Chaque firme a sa marque de fabrique. Si l'on prend les plus connues, tout le monde s'accordera à dire qu'une Ferrari se doit d'être rouge ; une Lexus, hybride ; une Citroën, confortable ; qu'une BMW s'équipe d'un 6 cylindres en ligne ; que Porsche, c'est une 911 ; que Dacia, c'est la voiture pas chère et enfin, qu'Audi, c'est la transmission quattro.
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Sauf que c’est comme toute chose, il faut une exception pour confirmer la règle. Alors me voici parti du côté de Madrid, pour prendre en main les toutes premières supercars aux anneaux n’utilisant pas ce célèbre système à quatre roues motrices. Cette hérétique, issue des usines d’Audi se nomme R8 RWS (Rear Weels Series).

Un habit divin ?

Certes avec sa calandre béante semblant renifler le sol, ses écopes d’air perçant le bouclier avant, son aileron arrière escamotable et son extracteur d’air imposant, cette version « RWS » ne fait pas dans la sobriété. Pas possible pour elle de raser les murs sans se faire remarquer. Et ce n’est certainement pas sa teinte « blanc immaculé » flanquée d’un straping rouge –  hommage aux sulfureuses R8 GT4 – courant tout le long de sa carrosserie, qui atténuera sa forte présence.

Je continue mon tour du propriétaire avec ses ouvertures de portes « normales ». Ici, pas question de faire dans l’exubérance avec des portes en élytre ou papillon. Audi, c’est du sérieux et elle sait rester à sa place ! C’est une bonne chose d’ailleurs, car pour accéder à son habitacle, celui-ci ne demande pas d’être un maître en acrobaties.

Ceci fait, me voilà dans un cockpit… d’Audi. Ici règne une atmosphère sombre tendue de cuir et d’alcantara. La planche de bord est presque vide. Point d’écran GPS au centre du tableau de bord. Ce n’est pas qu’elle n’en est pas pourvue. C’est que les ingénieurs ont pris le parti de le disposer avec l’instrumentation. Juste derrière le volant. Cependant, on ne peut pas dire que c’est une nouveauté puisqu’il rend déjà service sur les derniers modèles de la marque.

Le système multimédia se pilote via le volant multifonction ou via la molette posée juste avant le manche de la boîte de vitesses. Si le système est richement pourvu, son ergonomie n’est pas évidente et vous ne pourrez pas compter sur l’aide du passager, car il ne voit absolument pas l’écran…

J’allais oublier ! Si vous comptiez partir en vacances avec elle, prévoyez une voiture suiveuse, car ce n’est pas avec les 113 litres de l’unique coffre à bagages qui se situe devant, que vous ravirez madame. Tout juste y a-t-il la place pour une valise cabine.

Essai

Que le fruit de ses entrailles soit béni !

Oh merci ! Toi, l’ingénieur d’Ingolstadt. Toi qui n’as pas succombé à la suralimentation. Toi qui as su conserver un V10 de 5,2 litres capable de fournir la bagatelle de 540 chevaux et 540 Nm à 6 500 tr/min. Toi qui propulses de ton bras vengeur ton ange de 0 à 100 km/h en 3,7 secondes. Toi qui atteins la vitesse divine de 320 km/h. Toi qui expédies en une fraction de seconde chaque rapport de vitesses via ta boîte S-Tronic 7 à double embrayage. Toi qui fais fuir le malin par ton hurlement à chaque pression du bouton rouge.

Mais attention à toi, pèlerin. Le diable se cache dans ses roues arrière qui deviennent motrices. Si cette Audi R8 RWS sait se faire ange, à allure modérée, elle peut très vite se transformer en gargouille enragée, hurlant de sa voix perçante au-dessus de 4 500 tr/min et virant aux aigus dévastateurs jusqu’au rupteur à 8 250 tr/min. En levant le pied de la pédale de droite, une complainte se fait entendre sous forme de pétarade.

Une efficacité diabolique ?

Cette puissance entre les mains me rend fou ! Je plonge dans les courbes avec hargne et en ressort… en travers. Ce boulet de canon ne demande qu’à faire des figures de style, telle une danseuse étoile. Les freinages ultra-tardifs et les relances s’enchaînent à un rythme frénétique. Mais la pluie, que dis-je, l’Armaggedon viendra m’accompagner sur la fin de mon essai. La fine pluie se transforme en rivières qui, elles-mêmes, se transforment en torrent.

L’adhérence est vraiment précaire et les remises en vitesse foudroyantes m’épuisent bien plus vite que ce destrier mécanique. La fanfaronnade des premiers kilomètres devient pétrifiante avec les rails de sécurité qui se rapprochent de plus en plus.

Cette R8 RWS est comme possédée ! Il ne m’est plus possible de conduire sans les aides électroniques depuis fort longtemps. La bête ne cherche qu’à faire passer son train arrière, devant et celà même sur ligne droite. Les coups de raquette sont de plus en plus présents. Il me reste plus qu’une seule chose à faire : arrêter avant de passer de vie à trépas !

Interieur

Lorsqu’un élément vous manque !

Qui l’eût cru ? Cette R8 RWS est vraiment bestiale et peut vite devenir votre enfer. Sur les derniers kilomètres, je ne pensais qu’au système quattro. Il me manquait !

Cette machine est vraiment à réserver qu’aux pilotes aguerris pour en exploiter tout le potentiel. Sinon « monsieur Tout-le-Monde » devra se contenter de garder toutes les aides castratrices pour conserver son bolide sur le macadam.

Ceci étant dit, si vous désirez en prendre possession, il vous faudra vous dépêcher, car cette série R8 à propulsion ne sera produite qu’à 999 exemplaires, mais malgré son caractère « collector », Audi n’en profite curieusement pas pour faire exploser son tarif. Bien au contraire puisqu’elle devient l’entrée de gamme R8 avec un ticket à 143 800 € pour le coupé et 158 200 € pour le spyder. Soit une remise de 30 070 € pour la version fermée et 20 800 € pour la découvrable. Une tentation qui ne peut venir que du diable.

Note : 17/20

Bien vu :
- Tarifs à la baisse.
- Caractère dynamique.
- On se met à regretter le quattro.
- Et… le + onctueux des moteurs de supercar.

À revoir :
- À ne pas mettre entre toutes les mains.
- Il vaut mieux garder l’ESP.

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